HENRI SAUGUET

« Symphonie Expiatoire : la guerre inutile qui rend le musicien inutile… »
Né à Bordeaux le 18 mai 1901. Henri Poupard, qui empruntera plus tard son nom de musicien à sa mère Elisabeth Sauguet, manifeste dès son plus jeune âge des dons si évidents qu’il reçoit à cinq ans ses premières leçons de piano et participe à la Maîtrise de sa paroisse bordelaise : grégorien, plaint-chant, polyphonie sacrée. La curiosité qu’il a des choses de la musique l’incite à préparer le concour d’entrée au Conservatoire de Bordeaux, mais la première guerre mondiale l’oblige à renoncer à son projet. Il doit quitter l’école pour commencer à gagner sa vie, sans toutefois abandonner ses études musicales qu’il poursuit avec les maîtres locaux.    

  Avec Jacques Dupont, l’ami et le peintre du merveilleux. Conversation autour de la symphonie allégorique : les Saisons (1951)
En 1916. à quinze ans, il devient organiste de la petite paroisse de Floirac, près de Bordeaux, et prend ainsi conscience de ses dispositions à l’invention musicale. La découverte en 1917 de la musique de Debussy provoque en lui un choc émotionnel profond qui change radicalement sa manière de penser et sentir la musique. Il commence à composer.
Joseph Canteloube intéressé par ces premiers essais s’offre à le préparer sérieusement au métier de compositeur, et le fait venir à Montauban où séjournait alors l’auteur des « chants d’Auvergne ». il y demeure jusqu’en 1921 et rejoint alors Bordeaux où il forme avec des amis « le groupe des Trois » pour faire connaître aux Bordelais les musiciens nouveaux, notamment ceux du « groupe des six ».       

Avec Jacques Dupont, l’ami et le peintre du merveilleux. Conversation autour de la symphonie allégorique : les Saisons (1951)       

En 1916. à quinze ans, il devient organiste de la petite paroisse de Floirac, près de Bordeaux, et prend ainsi conscience de ses dispositions à l’invention musicale. La découverte en 1917 de la musique de Debussy provoque en lui un choc émotionnel profond qui change radicalement sa manière de penser et sentir la musique. Il commence à composer.
Joseph Canteloube intéressé par ces premiers essais s’offre à le préparer sérieusement au métier de compositeur, et le fait venir à Montauban où séjournait alors l’auteur des « chants d’Auvergne ». il y demeure jusqu’en 1921 et rejoint alors Bordeaux où il forme avec des amis « le groupe des Trois » pour faire connaître aux Bordelais les musiciens nouveaux, notamment ceux du « groupe des six ».      

En 1992, il vient à Paris, à l’instigation de Darius Milhaud, qui l’introduit dans les milieux artistiques alors en pleine effervescence : il découvre en quelques jours Le Pierrot lunaire de Schönberg. L’homme et son désir de Milhaud, Les mariés de la Tour Eiffel (Jean Cocteau et les six). Il se lie avec Francis Poulenc, Georges Auric, Jean Cocteau, Eric Satie accepte de présenter au public Parisien les œuvres de quatre jeunes musiciens que Milhaud avait réunit : Roger Désormière, Henri Cliquet-Pleyel, Maxime Jacob, Henri Sauguet qui décident en hommage à l’auteur de Parade, que certains critiques appelaient par dérision « le Maître d’Arcueil », de prendre le nom « d’école d’Arcueil » (1923).
Dès lors Henri Sauguet ne cessera d’écrire des œuvres qui toucheront à tous les genres, cependant qu’il prend pour maître Charles Koëchlin, grand musicien, grand pédagogue. En 1924, il écrit un opéra-bouffe Le plumet du colonel crée au théâtre des Champs Elysées en même temps que L’histoire du soldat de Stravinsky, représentée pour la première fois à Paris. Pour les « Soirées de paris » du Comte de Beaumont, il écrit son premier ballet Les roses (décor de Marie Laurencin, Chorégraphie de Léonide Massine). En 1927, Serge de Diaghilev lui commande pour les Ballets Russes La chatte (argument de Boris Kochno, chorégraphie de Balanchine) qui marque les débuts éclatants de Serge Lifar. Vingt-quatre autres ballets suivront, dont les célèbres Forains (1945) écrits pour Roland Petit dans un décor de Christian Bérard, sur argument Boris Kochno, La rencontre (qui fut celle de Jean Babillée et de Leslie Caron). Les Mirages à l’opéra de Paris, La dame aux camélias que fit triompher Yvette Chauviré,le prince et le mendiant (argument Boris Kochno) qui obtient le prix Italia en 1957.
Le plumet du colonel fut suivi d’un autre opéra-bouffe, La contrebasse, sur un livret tiré de Tchekov par Henri Troyat. Puis c’est la grande aventure et la longue patience (1927 / 1937) de La chartreuse de parme, d’après Stendhal, sur un livret d’Armand Lunel, créée à l’Opéra de Paris dans des décors de Jacques Dupont. L’Opéra Comique crée en 1943 La gageure imprévue, d’après Sedaine, et le Festival d’Aix-en-provence inscrit à sa saison 1954 Les caprices de Marianne, d’après Musset (livret Jean-Pierre Grévy). En 1978, il écrit la partition d’une comédie musicale, Boule de suif, d’après Maupassant, et en 1981 un opéra pour enfants, Tistou les pouces verts, d’après le conte de Maurice Druon. Ajoutons un inédit, Le pain des autres, d’après Tourgueniev (livret d’Edmond Kinds).  

 Il ne délaisse pas pour autant la musique orchestrale : quatre symphonies, des poèmes symphoniques, des cantates, des concerti (trois pour piano un pour violon, le concerto d’Orphée, un pour harmonica, le Garden concerto, un pour violoncelle, la mélodie concertante créée par Mstilav Rostropovitch), des cantales (la voyante, l’oiseau a vu tout cela) une ballade pour voix et orchestre, le Cornette, d’après R.M. Rilke, et de très nombreuses mélodies, qui témoignent de la profonde affinité qui le lie à la poésie et aux poètes, et ce n’est pas un hasard si une mélodie ouvre son catalogue en 1921, si une mélodie ferme son catalogue en 1987.

Il à écrit pour de nombreuses formations de musique de chambre : duos d’instruments où le plus souvent le piano dialogue avec la flûte, la clarinette, le saxophone, le violoncelle, le hautbois (Sonatine aux bois), le violon (sonate crépusculaire), des trios (Trio d’anches), trois quatuors, deux quintettes (dont le Golden Suite pour quintette à vents). 

Elu membre de l’institut de France en 1976, au fauteuil de Darius Milhaud,
Henri Sauguet nous à quitté le jour de la fête de la musique, le 21 juin 1989.